Cet après-midi, plus on avance, plus les couleurs de la forêt deviennent flamboyantes
Pour la nuit on fait halte àune cinquantaine de kms de Moncton, au pied d'un monument national: le monument Lefevre. Ce village est très important pour les acadiens, symbole de leur résilience.
Dimanche 27 septembre : Louisbourg-Memramcook ; 489kms
Nous quittons l'île de Cape Breton. Les communautés Micmaw se succèdent et c'est l'occasion pour nous de se renseigner sur ce qu'est une réserve.
A 11h, nous faisons une pause à Stellarton, au musée de l'industrie. Ce lieu très pédagogique retrace l'histoire et le développement de la Nouvelle Ecosse (histoire qui commence au 18ème siècle). Les inventions locales sont mises en avant.
Il y a cette 1ère locomotive venue d'Angleterre en pièces détachées et reconstruite par son chauffeur. Les wagons spéciaux pour le transport des lingots d'acier (ils étaient coulés sur le wagon).
La fabrique de bouteilles employait autant d'enfants que d'adultes.... ils apprenaient le métier !
Voici un bus atelier. Il circulait dans la campagne pour apprendre aux enfants l'emploi des machines outils.
JN est tout heureux, il a trouvé l'ancêtre de sa première tronçonneuse (appelée ici scie à chaîne).
Hier, on remarquait qu'il y avait quelques voitures Volvos ici. On a appris la raison, il y a une usine de montage en Nouvelle-Écosse.
Et enfin voici un salon de coiffure bien accueillant.
Les soldats étaient engagés pour 6 ans, ils effectuaient leur service 24h et avaient ensuite 48h de repos, ils en profitaient pour exercer d'autres métiers. Les hommes de rang vivaient à 24 dans la même pièce (seulement 8 lits). Évidemment le gouverneur était logé luxueusement. A côté de la caserne, il y avait une ville de 600 habitants (seulement une partie a été reconstruite). Les gens vivaient de la pêche mais surtout du commerce car c'est ici qu'arrivaient les bateaux provenant des Antilles, de France....
Dans une maison, les techniques de construction employées à cette époque sont présentées. On connaissait les colombages mais moins les pieux alignés et les bois glissés dans une rainure.
On aime vraiment l'histoire présentée de cette façon.
Samedi 26 septembre; Sydney-Louisbourg ; 74kms
Sur la côte rocheuse du Cap-Breton, située à l'est de Sydney, en Nouvelle-Écosse, la forteresse de Louisbourg a été fondée par les Français en 1713. Les objectifs de cette implantation étaient d'une part sécuriser l'entrée du St Laurent et d'autre part veiller aux comptoirs à morues installés dans cette région. Pas assez fortifiée côté terre, elle a été assiégée à deux reprises par les Britanniques avant d'être détruite dans les années 1760. La reconstruction d'un quart de la ville française d'origine et de ses fortifications a commencé dans les années 1960. Aujourd'hui, la forteresse de Louisbourg est la plus grande reconstruction historique en Amérique du Nord. Le choix du gouvernement canadien est de rendre accessible et compréhensible cette partie de l'histoire. Pour cela, l'entrée est très peu onéreuse (voire gratuite en été) et des intervenants en tenue d’époque racontent leur vie au 18ème siècle.
A midi nous sommes à la baie St Lawrence. Ici c'est un petit havre de paix : quelques bateaux de pêche, des prairies bien vertes . Nous sommes côté Océan Atlantique. Cet après-midi, nous longeons la côte Est. Le paysage est plus varié, les points de vue sont nombreux. Et donc on s'arrête souvent. Hors du Parc, les maisons sont spacieuses et pimpantes : la pêche au homard et le tourisme sont 2 activités lucratives.
La forêt commence à se parer de jaune et de rouge.
Nous nous dirigeons vers Sydney. Pour traverser la St Ann's bay, il nous faut emprunter un traversier. On a bien cru qu'on ne pourrait pas, le crochet de remorque a touché.
Il est l'heure de faire le bilan: pour nous, cette île est assez banale. La route ne mérite pas le qualitatif de plus belle route du monde.
Vendredi 25 septembre :  Cheticamp – Sydney ; 247kms
Ce matin, nous suivons la côte Ouest de l'île de Cap Breton. Beaucoup de forêts, paysages très sauvages, route en travaux.
Heureusement grand soleil.
Nouvelle-Ecosse
Jeudi 24 septembre : Pictou-Cheticamp ; 209kms
On roule, direction l'île de Cap Breton. C'est très monotone et très long : des arbres et encore des arbres! A 12h on arrive à Inverness. Non, nous ne nous sommes pas téléportés, mais cette côte ouest de l'île de Cape Breton a été peuplée au 19eme siècle par des écossais (en Écosse, les grands propriétaires terriens leur reprenaient les terres, ils n'avaient qu'une solution, partir.) Donc ici perdurent des traditions gaélique et les noms de lieux et d'habitants sonnent bien écossais.
Sur le petit port de pêche sont posés des casiers à homards (rectangulaire) et ces drôles de casiers ronds qui servent à capturer les crabes.
On roule encore, toujours plus au Nord. On attend le lieu où on fera "waouh" mais pour l'instant rien d'extraordinaire : des arbres, quelques prairies et un peu de côte. Espérons que demain sera mieux! On s'arrête à Cheticamp, avant d'entrer dans le parc national.
Notre trajet passe par Charlottetown. Des champs au milieu de la ville, des zones commerciales à foison où on trouve de tout, un centre ville tristounet avec quelques bâtiments typiques du style anglais.
Pour quitter cette île, nous prenons un ferry luxueux qui part de Wood Island et rejoint la Nouvelle Ecosse en 75mn. A l’arrivée, nous sommes un peu inquiets, le quai est 2m plus haut que le bateau. Mais tout s’arrange, une rampe descend. Nous rejoignons le camping Harbour Light. Magnifique emplacement au soleil, au bord de l’eau.
Le trajet n'étant pas plus long, nous décidons de passer par l'île du Prince Edward pour rejoindre Picou. Bien nous en a pris.
Cette île est reliée au continent par un pont de 12.9kms de long, impressionnant, d'autant qu'il n'est pas plat, il fait 2 "vagues".
A peine posés sur la terre ferme, on découvre de nombreux changements. D'abord ils sont purement anglophones, fini les panneaux en 2 langues. Puis ici les énergies renouvelables sont développées : éoliennes, panneaux solaires. Enfin, et surtout, les terres sont cultivées, l'activité agricole bat son plein. Du maïs, du soja et d'immenses champs de pommes de terre. C'est la saison des récoltes : des camions tombereau livrent la récolte à de gigantesques entrepôts. 
Mercredi 23 septembre : Bouctouche-Shediac-ile du Prince Edward- Pictou ; 280kms
Nous voici à Shediac ville qui revendique le titre de capitale mondiale du homard. Pour bien montrer l'importance de cet animal une sculpture géante en béton et acier est posée à l'entrée de la ville. Pas de chance, on arrive en même temps que 2 bus d'asiatiques : et que je monte sur la bestiole, que j'enlace le pêcheur que je fasse des mimiques!
Bon en attendant que la vague s'éloigne, nous allons au magasin spécialisé pour en acheter une paire
En revenant sur Lameque, nous effectuons un détour pour voir l’église Ste Cécile. En 1968, son curé la trouvait bien sombre, alors il entreprit, avec l’aide de 2 jeunes hommes, de la repeindre. Le résultat est joyeux, lumineux.
L’après-midi, on roule, toujours plus au sud, toujours sur une route à grande vitesse, toujours entre des arbres. Vers 17h, nous arrivons à la dune de Bouctouche. Elle a une particularité assez originale pour une dune : elle ne mesure pas plus de 5m de haut et s’étire sur 12 kms formant un cordon dunaire.
Nous nous garons « chez Maury », camping à la ferme. Nous allons tous les jours au camping car sans électricité le chauffage ne fonctionne pas longtemps et comme il fait très frais la nuit (entre 4° et 8°), il est impératif de pouvoir chauffer.
Mardi 22 septembre : Shippagan- Miscou-Dune de Bouctouche ; 310kms
Sous un magnifique soleil, mais un vent transperçant, nous partons explorer les îles de Lameque et Miscou. Mais d’abord arrêt pour recharger la bonbonne de gaz. C’est pratique, et pas cher (1€le litre).
Tranquilles, nous remontons ces îles. Ici, l’activité principale semble être la pêche, de nombreuses maisons ont dans la cour un gros bateau de pêche et des casiers à homards (c’est la pleine saison). L’autre caractéristique de ces îles, ce sont les grandes étendues marécageuses produisant de la tourbe. Tourbe qui est encore exploitée de nos jours mais en moindre quantité par rapport aux décennies précédentes. Au bout de l’île de Miscou, un sentier de découverte de tourbière est aménagé, il nous permet d’avoir une vue légèrement surélevée de ce marais qui se pare de couleurs automnales. Des panneaux explicatifs nous présentent arbres, fleurs, animaux.
Nous voici au Village Acadien. Ici ont été réunies des habitations ayant appartenu à des acadiens qui les ont léguées avec tout ce qui allait avec. Dans plusieurs de ces bâtiments, des intervenants en tenue d’époque vivent la journée comme autrefois et racontent ce qui se passait dans cette maison.
En premier, voici Mr martin (qui est mort en 1806), il nous explique le système de transmission de la propriété (au fils aîné vivant). Mais avec lui on en apprend plus sur les acadiens. Ces catholiques venus de France se sont installés dans toutes les provinces maritimes au temps des français, mais quand les anglais ont pris possession du pays, certains ont fui, et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés dans cette région faite de forêts et d’eau. Ils ont dû défricher, assécher (d’ailleurs devant une maison on voit l’ingénieux système, l’aboiteau, un canal en bois avec une trappe qui sert de clapet ; quand la marée monte, le clapet se ferme et empêche l’eau d’aller dans les terres et à marée basse il laisse passer l’eau venue des terres plus hautes ce qui les assèche). Mais, ailleurs, les anglais n’ont pas supporté ce peuple différent, il leur fallait parler anglais, se convertir au protestantisme et jurer fidélité au roi. Comme ils ne voulaient pas, ils ont été déportés dans des territoires du sud des Etats-Unis (10000 sur 14000).
On s’arrête faire les courses dans un Maxi. Pas du tout le même qu’à Montréal. On a du mal à trouver des produits qui nous conviennent, beaucoup de choses transformées, des chips, bonbons, sodas à foison, mais à côté de ça des compotes sans sucre, des grands sacs d’édulcorants.
On trouve un camping sur l’île de Lameque (l’Escale de l’île), près de Shippagan. On est au bord de l’eau, sous des érables aux feuilles argentées, avec en prime un magnifique coucher de soleil.
On passe un pont en bois couvert, type de construction répandu dans le New Brunswick, et nous voici au début du 20ème siècle. Un garage avec une pompe à essence et 2 vieilles voitures, une gare, un hôtel, mais aussi le tonnelier qui fait des tonneaux en épinette (épicéa) pour le poisson, le cordonnier qui fabrique des mocassins et répare les souliers.
Voilà, on a terminé cette visite, vraiment passionnante. Encore une fois on a de la chance, ce musée à ciel ouvert ferme ses portes à la fin de la semaine jusqu’au mois de juin prochain.
On continue un peu notre chemin.
On continue le parcours. Dans la 2ème maison, l’odeur est délicieuse, un ragout de poulet mijote, recette ancestrale. Mme Godin nous montre sa maison bien équipée avec une horloge et de la belle vaisselle, c’est que son mari était pêcheur de morues et les vendait une fois fumées à Mr Robin (il n’y a pas de hasard, ici on est en face de Passébiac, juste séparés par la Baie des Chaleurs). Il ramenait alors divers objets achetés au magasin général, souvent à crédit sur ses prochaines livraisons. A l’extérieur, on découvre tout le matériel de pêche et un ingénieux fumoir à poisson.
Dans la maison suivante, on file la laine et on la tisse. Dans une autre on travaille le lin. On peut voir aussi quels bois étaient utilisés pour se chauffer (de l’aulne pour la forge, du bouleau pour les poêles).
Petit passage à l’école : une seule classe, des bancs en bois, un poêle et un tableau noir. A côté se trouve l’église sans ornementation superflue. Toute cette section regroupe des bâtiments du 19ème siècle.
Lundi 21 septembre : Campbellton-Village Acadien (Caraquet)-Shippagan ; 224kms
Ce matin nous roulons vers l’Est en direction de la péninsule acadienne. Beaucoup de forêt, quelques prairies où le foin est mis en rouleau et abrité dans du plastique, de l’eau (rivières, lacs, mer).
C’est encore une route rapide : elle n’a que 2 ou 3 voies, sans terreplein central, mais on y roule à 100km/h et elle ne traverse pas de village.
 


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