Un dernier petit tour sur l'île pour admirer maisons, champs et couleurs automnales avant de rejoindre le camping à Québec. Les bouchons se succèdent : c'est le début d'un week-end de 3 jours.
Dernier arrêt à la cabanes à sucre. La récolte d'eau d'érable se fait à partir de février et dans des conditions très précises : il doit geler la nuit et faire au moins 6° la journée. Les arbres sont équipés de petits robinets et reliés entre eux par un réseau de fins tuyaux. Le tout va à la cabane à sucre. On apprend qu'il y a 3 sortes de sirop qui vont du plus clair (plus léger) au plus foncé (pour cuisiner). Dans la boutique, il y a le sirop, le beurre d'érable, les bonbons biscuits....
Puis on se dirige vers le musée maritime. On peut y voir des embarcations, mais ce qui attire notre attention ce sont ces lisses, structures en béton qui étaient recouvertes de poutres de bois enduites d'huile de poisson pour qu'on puisse y faire glisser les bateaux au moment de l'hivernage. Cet hivernage durait jusqu’à fin avril et il fallait casser la glace à la dynamite pour libérer le fleuve! Ça donne une idée du froid qu'il fait par ici en hiver !
Arrêt au manoir Mauvide-Genest. Ce beau bâtiment qui date du 17eme siècle, nous permet de découvrir la vie de cet homme, Jean Mauvide, venu de France en tant que chirurgien de marine et a su, épaulé par sa femme Marie-Anne Genest (qui savait lire et écrire, fait rare à cette époque), devenir riche marchand puis seigneur de la moitié de l'île. Son manoir s'est agrandi en même temps que sa fortune. Pourtant on découvre un lieu relativement simple et on explique que la fille aînée utilisait un métier à tisser.
Vendredi 09 octobre : Journée sur L'île d'Orléans. 87 km
Du belvédère, à la pointe nord de l'île, on découvre un paysage très agricole. Les champs sont tous rectangulaires, longues bandes qui vont jusqu'à l’eau. Ce découpage perdure depuis le 17eme siècle.
Avant d'aller au Cap-Tourmente, nous allons voir la chute Saint Anne. Cette chute a une hauteur de 75 mètres. Le débit de la rivière varie beaucoup au cours de l'année, allant de plus de 100 000 litres d'eau par seconde en avril et mai a aussi peu que 1000 litres par seconde en août et septembre. Nous on trouve qu'elle est puissante.
A partir de 1904, la rivière Sainte-Anne-du-Nord est utilisée pour transporter le bois de la forêt jusqu'au nouveau moulin de Beaupré. Dans le secteur de la chute Sainte-Anne, le bois formait souvent des embâcles à la tête de la chute. C'était le travail des draveurs de faire circuler les troncs d'arbre.
Puis nous nous dirigeons vers le Cap-Tourmente, lieu réputé en cette période pour accueillir des milliers d'oies des neiges qui migrent du grand nord vers la côte Est des États-Unis. Moi j'avais cette information, mais apparemment les Oies des Neiges préfèrent se poser dans des prés ou des champs moissonnés. On pourra en observer quelques-unes avec des longues vues. Heureusement le centre d'interprétation présente bien les animaux de ce marais.
Nous finissons la journée sur l'île d'Orléans. Nous longeons la partie Nord. C'est le royaume de l'autocueillette : vous pouvez vous procurer pommes, choux, citrouilles.... Le camping d'Orléans est vraiment cher, ses arguments : une piscine, une plage et un quai d'embarquement.... ce qui ne nous sert pas beaucoup.
Jeudi 8 octobre : St Simeon- canyon Ste Anne- Cap Tourmente-Saint François d'Orléans ; 217kms
Ce matin un pâle soleil éclaire notre route, ce qui nous permet d'apprécier la Côte de Charlevoix. On est étonnés, ce trajet, pas loin du fleuve, est sur les hauteurs et très vallonné. Montées rudes pour le véhicule et descentes périlleuses se succèdent.
On brave la pluie pour aller voir les ruines des installations... mais aucune explication, c'est un peu frustrant.
Dans ce lieu on parle :
-du développement de Chicoutimi, des premiers explorateurs qui pensaient trouver de l'or, mais ont dû se contenter de fourrures
-du système de troc avec les peuples indigènes; ils n'étaient pas intéressés par des pièces alors le roi avait institué un tarif en peaux de castor.
-De Fabrice Villeneuve, peintre naïf né à Chicoutimi; sa maison peinte entièrement a été transférée dans le musée.
L'après-midi on roule sous la pluie, zappant les petites anses le long du fjord. Arrivés à Saint Simeon, on constate qu'il fait un peu moins froid.
Mercredi 7 octobre : Alma-Chicoutimi-Saint Simeon ; 213kms
Nous voici revenus au bord du St Laurent, à Saint Simeon. Journée de pluie. En cours de route on s'arrête à Chicoutimi (ville entre le Fjord du Saguenay et le Lac-Saint-Jean) à La Pulperie. On espère en apprendre plus sur la pulpe de bois. On glane quelques renseignements : le bois arrivé par flottaison est coupé en billots, puis écorcé avant d'être réduit en bouillie. Cette bouillie est étalée pour faire des sortes de nappes qui sont ensuite pliées sur elles-mêmes. Ces ballots plein d'eau sont passés dans une presse et ça donne des paquets de pulpe de bois prêts à être expédiés principalement en Europe et aux États-Unis. On apprendra que la demande a bondi au début du 20ème siècle du fait de la scolarisation et de l'essor de la presse écrite.
Toujours en cherchant à mieux comprendre ce territoire, nous nous dirigeons vers le musée nommé "l'odyssée des bâtisseurs". Nous laissons de côté la partie liée à la construction du barrage pour prendre connaissance de l'exposition consacrée aux gens du lac St Jean. Petite exposition qui nous démontre que les gens d'ici sont fiers de leur territoire. On découvre l'agriculture, le langage, les recettes, le mode de vie, le tout autour de ce lac.
Le froid étant mordant, encore une fois on cherche un camping avec électricité : ce sera le Domaine Lavoie. On est seuls dans ce grand camp rempli de trailers vides.
On arrive ensuite à la partie industrielle. Une chute d'eau faisait tourner une centrale électrique qui alimentait maisons et usine.
Dans cette usine on fabriquait de la pâte à papier qui ensuite était expédiée en Europe.
Pour finir la visite, on emprunte le téléphérique qui nous mène sur les hauteurs. De là on domine le lac St Jean, les champs et les forêts.
Mardi 6 octobre : Normandin-Val Jalbert- Alma ; 121kms
Première visite de la journée pour le village historique de Val Jalbert. Ce village créé en 1901 pour abriter les ouvriers de la pulperie, site industriel a eu un destin assez bref puisque cette usine n'avait plus d'activité en 1927 et que les habitants ont commencé à le quitter. Dans les années 1940, c'était un village fantôme.
Ce village était moderne pour l'époque : eau courante, électricité. Il y avait 2 sortes de maisons : celles avec salle de bain et les autres. On visite un peu tout, on peut voir l'agencement de ces habitations. Il y avait un couvent-école tenu par 4 religieuses et donc 4 classes ; les classes étaient vite remplies, une famille pouvait avoir jusqu'à 20 enfants !
On y trouvait aussi une boucherie et un magasin général.
Un point GPS m'intrigue: "L'univers de Bilodeau au Canada". C'est ouvert. Alors allons voir. C'est une entreprise artisanale qui travaille dans le domaine de l'habillement, la pelleterie et la taxidermie. Pendant 2 heures, notre guide nous explique tout, que ce soit le choix des fourrures, le travail des peaux, la confection des bottes et autres vêtements, la taxidermie.
Elle nous explique que les fourrures travaillées sont achetées à des chasseurs ou à des trappeurs professionnels qui au départ cherchent les animaux pour leur viande, en suivant des plans de chasse très réglementés.
Elle nous montre la minutie avec laquelle il faut travailler pour que le résultat soit beau (sens de la coupe, assortiment des peaux...).
La taxidermie est un autre domaine extraordinaire : il faut créer une structure en polyrethane qui a la forme et la posture voulue, puis l'habiller de la peau, ajouter dentier, yeux et maquiller!
Cette entreprise travaille aussi pour le cinéma : costumes, accessoires, mais aussi animaux qui dans ce cas là doivent etre articulés.
On finit par la galerie des animaux : impressionnant, avec de belles mises en scène.
Le froid est vraiment là, alors à la sortie de cette visite on rejoint le camping le plus proche : ce sera le "camping de la chute à l'ours", encore ouvert.
Lundi 5 octobre : Roberval-Saint Felicien-Normandin ; 75kms
Petit bulletin météo : 10°, vent style bise, soleil.
On s'habille chaudement et nous voilà en train de visiter le zoo Sauvage de Saint Felicien. Chez nous on appellerait cela un parc animalier. Les animaux sont dans de grands enclos, certains même en liberté et des passerelles permettent de les observer. Ce parc est dédié aux animaux des zones froides, surtout Canada, zones boréales. On voit des grizzly qui ne sont pas très bien réveillés, des lynx, renards, cougars, porc-épic, raton laveur......
Pour voir les animaux en liberté on emprunte un petit train qui nous mène dans les prairies. Là, on croise plusieurs ours noirs, des bisons, des bœufs musqués, des cerfs de Virginie. Le Caribou est endormi et l'orignal se cache.
Très belle visite.
CANADA
Quebec - New-Brunswick - Nouvelle-Ecosse