Dans les autres bâtiments, on trouve le magasin général, où les gens s’approvisionnaient, la tonnellerie (il fallait bien faire les tonneaux), la forge (pour les clous carrés, les fers à cheval et les outils), la charpenterie (on y construisait les bateaux. Là, on nous explique les techniques de fabrication : le bois ramassé déjà courbé pour faire l’étrave, le bois de thuya qui s’alourdit mouillé pour la quille, le bois de cèdre pour les bords car il gonfle. Le tout assemblé avec les clous, sans étoupe).
Visite très intéressante qui nous prend 2h avec les films informatifs qui font parler des gens du village.
Presque tous ces villages côtiers ont une poissonnerie, où on peut acheter poisson et crustacés. Ce sera encore homard pour aujourd’hui.
L’après-midi est monotone, il pleut, la route est toujours entre l’eau et les forêts. Les villages sont toujours faits de maisons en bois éparpillées. Chacune a une pelouse gigantesque. Mais pas un jardin, seulement quelques hortensias blancs en garniture. D’un seul coup, pouf, on perd une heure : on passe de 14h30 à 15h30 et puis quelques kilomètres plus loin ça revient. On éclaircit le mystère : au New Brunswick ils ne sont pas sur le même fuseau horaire, et ici le téléphone se met une fois à l’heure du NB et une autre fois à l’heure Québécoise. 
Ce soir on est définitivement à l’heure du NB, on est à Campbellton, première ville après la « frontière » on est dans un camping réservé aux motorisés et on paye 25€ pour la nuit avec 3 services, eau, électricité et égout sur notre emplacement.
Dimanche 20 septembre : Percé-Paspebiac-Campbellton ; 247kms
Ce matin, le chauffage nous a fait une frayeur : il n’a pas voulu démarrer ! et avec les 7° de température ambiante, ce n’est pas drôle ! le temps du petit déjeuner, on se réchauffe comme on peut, la grille pour faire griller le pain nous fait gagner quelques degrés. Et puis miracle, lorsque JN met le moteur en route, il veut bien démarrer.
Alors on reprend la route. Premier arrêt pour faire le plein. On fait toujours du 24l au 100kms. Le prix : 1.96$/l (1.22€) pour l’essence et 2.96$/l (1.84€) pour le diesel, quand on pense qu’en Francel le gasoil avoisine les 3€ !
Allez, on continue le long de la côte Sud de La Gaspésie. Elle est beaucoup plus peuplée, les villages sont très rapprochés, le goudron en meilleur état.
A 10h, nous voici à Paspebiac, là où se trouve le site historique du commerce de la morue. 11 bâtiments datant du 19ème siècle sont érigés. Cet établissement a été fondé par Charles Robin qui venait de l’île de Jersey. Il a choisi ce lieu pour son port naturel et la grande quantité de poissons vivant dans ces eaux. Il y a les entrepôts, le plus grand est sur 5 étages, tout en bois. On y entreposait les morues à expédier et les denrées provenant du monde entier que les navires rapportaient. Les morues de bonne qualité étaient expédiées en Italie, Espagne et Portugal, les moins bonnes aux Antilles pour nourrir les esclaves. On apprend comment ces morues étaient travaillées : péchées avec des lignes, ramenées au quai, ouvertes, étalées sur des treillis, salées, retournées tous les jours, mises à l’abri de l’humidité…. Un travail énorme et malheureusement mal payé. Les pêcheurs et leurs familles étaient comme des esclaves, enchaînés à leur travail, dépendants de la compagnie pour leur approvisionnement. D’ailleurs cela s’est fini par une révolte.
Donc, nous nous hâtons de traverser l'île. Nous voici devant la colonie, composée de 100 000 individus. Des cris, des claquements de bec ; les juvéniles reconnaissables à leur plumage foncé essaient de muscler leurs ailes en les agitant. Des adultes reviennent, et, pour se poser au milieu du groupe, ils retro-volent. Le spectacle est grandiose.
Lorsque nous revenons à l'embarcadère, nous apprenons que les retours sont avancés, pas de visite l'après-midi en raison de la météo.
L'embarcation passe d'abord à proximité du rocher percé. Puis direction la côte Est de Bonaventure. Le navire tangue fortement : le Golfe du St Laurent est agité. Sur la côte Est nous apercevons des milliers d'oiseaux posés dans la falaise et, au pied, des phoques gris qui se prélassent. Après une heure de navigation nous débarquons. L'île est un parc naturel et un agent du parc nous donne les consignes... et surtout nous informe qu'un seul parcours est autorisé pour qu'ils puissent nous trouver facilement si une alerte météo demande d'évacuer l'île. 
Samedi 19 Septembre : Percé, ile de Bonaventure ; 0kms             
Une journée chez les fous!
Ce matin nous embarquons à 9h, direction l'île de Bonaventure pour aller voir la plus grosse colonie de Fous de Bassans d'Amérique du Nord.
Puis on reprend la route direction Percé.  Là, c'est encore nuit au camping (43€/nuit), mais on a une vue magnifique et tous les services.
Après, on prend connaissance de l'autre côté de l'histoire. Près du port de Gaspé, une reconstitution de l'implantation française puis anglaise au 19ème siècle permet de découvrir l'arrivée des européens. Les premiers (basques) ne venaient que pour pêcher et ne se sont pas établis. Ensuite Jacques Cartier, envoyé par le roi a pris possession du territoire pour la France. Là, les français ont agi avec les Micmac, puis les anglais sont arrivés, ont chassé tous les français. L'établissement d'une colonie a été difficile, mais à la fin du 19ème siècle- début du 20ème, Gaspé était un port important où arrivaient les marchandises du monde entier.
Enfin, on passe par la poissonnerie. Ici beaucoup de poissons fumés, du poisson frais sous vide, des plats cuisinés et des homards. On en achète 2 déjà cuits (l'aventure de la cuisson sera pour un autre jour).
Vendredi 18 Septembre : Gaspé – Percé ; 100kms             
Ce matin nous passons 2 heures au centre d'interprétation Micmacde Gaspé.
Les Micmac était le peuple occupant ces contrées (Gaspésie, New Brunswick, Nouvelle Ecosse et île du Prince Edouard) bien avant l'arrivée des européens. Notre guide nous présente des éléments de leur vie traditionnelle : les matériaux utilisés étaient le bouleau (wigwam, paniers), l'épinette (fibres pour les cordages), les os d'ours, d'original, les épines de porc épic, les peaux de saumon. Évidemment tous ces animaux étaient mangés et leurs peaux travaillées pour faire "leur linge" (vêtements). Les hommes partaient à la pêche ou à la chasse et les femmes construisaient les wigwams (habitations), s'occupaient des peaux et préparaient la nourriture.
Il nous parle aussi, avec fierté, des capacités de son peuple à s'adapter aux rudes conditions de ce territoire. Pendant longtemps, les peuples indigènes n'avaient aucun droit, les gouvernements ont essayé d'effacer leur culture mais maintenant ils sont reconnus, on leur a donné (ou redonné si on pense au passé) des territoires, leur langue est enseignée.
Il nous faut 3h pour atteindre le parc du Forillon.
Là, après avoir payé un droit d’entrée de 12$, nous nous dirigeons vers le Cap Bon Ami. C’est de là que débute le sentier qui va au Mont St Alban. Il n’y a que 200m de dénivelé, mais au départ la montée est rude, après c’est mieux. Il y a plusieurs points de vue. Arrivés au sommet, on grimpe encore la tour d’observation et de là, on a une vue à 360°, du cap des Rosiers à Gaspé, en voyant au passage la péninsule du Forillon, l’île de Bonaventure. Ça valait la peine de venir là !
Ensuite nous optons pour un camping hors du parc. Belle découverte, le camping Baie de Gaspé offre une vue magnifique, des emplacements très aérés (on ne cherche pas d’ombre) avec tous les services. C’est-à-dire que sur place, on peut se brancher électriquement, mais aussi en eau et au tout à l’égout (55$la nuit, c’est-à-dire 34€).
Jeudi 17 septembre : Ste Anne des Monts-Parc du Forillon-Gaspé ; 220kms
Ce matin le trajet nous paraît très long : fleuve (ou mer, chacun pense ce qu’il veut), arbres, et encore arbres et fleuve. Heureusement, de temps en temps un village blotti dans une anse coupe la monotonie. Et puis on se fait secouer dans tous les sens, le goudron est souvent en piteux état…. D’ailleurs les zones de travaux se succèdent.
La mauvaise surprise, c’est que dans cette ville, on ne peut pas bivouaquer. Donc il faut aller au camping ! le premier que l’on trouve (il est déjà 17h30) coûte 55$ la nuit (avec électricité). On croit bien que la propriétaire était en cheville avec le conseil municipal car son camping est ni plus, ni moins qu’une bande de terre le long de la plage, aucune barrière ne nous sépare de la route. Et pour ce prix-là, pas de douche ! Il parait que c’est ainsi sur toute la Gaspésie.
Puis on continue, toujours plus au Nord. On est en Gaspésie, le fleuve s’élargit à perte de vue. On a hâte d’en savoir plus sur ce géant, c’est pour cela qu’on s’arrête à Exploramer. Cet espace a 2 parties, des aquariums qui présentent les animaux du fleuve et des salles d’exposition qui reprennent les caractéristiques de ce fleuve. Pour les aquariums, on a la chance d’arriver pour une visite guidée. Il y a les anémones de mer, les oursins et les étoiles de mer (je ne savais pas que ça pouvait vivre dans les eaux froides), les morues, le poisson poule (qui a des ventouses pour s’accrocher en cas d’eau agitée), le loup (qui n’a pas de branchies et est obligé de reposer au fond de l’eau quand il ne nage pas)…. Et tous les autres.
A l’étage on découvre la géographie du fleuve. Né dans les grands lacs, il finit dans l’Océan Atlantique après s’être élargi au Golfe du St Laurent. Parti en eau douce, à partir de Quebec, les eaux sont de plus en plus salées pour finir pratiquement aussi salées que celles de l’Atlantique. Comme une mer, il est sujet aux marées. Vers Tadoussac, il a une profondeur de 300m, il atteint même les 500m de profondeur ! Visite très intéressante.
Mercredi 16 septembre : Rimouski-Grand Métis- Ste Anne des Monts ; 215kms
Ce matin, quelques courses avant de continuer le chemin. JN fait le plein. Il se demande si le réservoir n’a pas un trou, il met 140l d’essence….. heureusement qu’elle est moins cher que chez nous (1.98$).
Puis on suit le St Laurent. Marée basse et temps gris. La plupart du temps on traverse des forêts de résineux. Les villages ont des maisons très espacées, alignées le long de la route avec un grand espace à l’avant et toujours pas de clôtures.
Nous voici aux Jardins de Métis. Cet espace fut créé par une anglaise, Mme Elsie Reford. Elle y consacra sa vie, aidée par des jardiniers de 1924 à 1958. Elle a réussi à acclimater de nombreuses espèces sous ces latitudes. Celle qui a fait la renommée du parc est le pavot bleu de l’Himalaya. On y admire encore de nombreuses plantes fleuries. C’est un jardin à l’anglaise, comme on les aime, les massifs sont foisonnants, les plantes se mêlent harmonieusement.
Puis on continue, toujours plus au Nord. Le paysage change, plus vallonné, plus boisé. Les arbres commencent à prendre des couleurs d’automne, mais les moissons ne sont pas finies.
Nous arrivons vers 12h au parc national du Bic. Nous payons 2 entrées et une nuit de camping avec électricité 68§ canadien (42€). Dans l’après-midi, nous découvrons ce parc : sentiers aménagés le long du littoral, quelques panneaux explicatifs. Il y a des bâtiments anciens car autrefois, là, il y avait une ferme et des résidences de vacances. Pour nous c’était plus que tranquille…. Et ça ne mérite pas le vocable « incontournable » décerné par Michelin.
Mardi 15 septembre : Montmagny-Kamouraska-Parc du Bic ; 240kms
Ce matin le ciel est dégagé, mais à 7h du matin, il ne fait pas chaud (7°). Nous poursuivons notre route, jusqu’au charmant village de Kamouraska. Dans le centre, toutes les maisons sont belles, peintures en bon état (ils les nettoient à chaque printemps et elles sont refaites en moyenne tous les 7-8 ans, mais on n’a pas vu de travaux), toits remontants sur les bords dite à lamier cintré. 2 petits quais s’avancent dans le fleuve. De là, on a une belle vue sur le village, les plages et la côte en schiste arrondi appelé ici cabouron. Le St Laurent est si vaste, si calme que l’on a du mal à le prendre pour un fleuve ! Avant de repartir, on fait travailler le commerce local : halte à « la fée gourmande » chocolaterie réputée et à la poissonnerie Lazier. Dans les deux, nous sommes accueillis avec le sourire, les vendeuses répondent à notre curiosité.
Lundi 14 septembre : Bécancour- Lévis (chutes de La Chaudière)-Montmagny : 193 kms
Ce matin , nous suivons le fleuve St Laurent. Le temps est gris, venteux, et le fleuve n’est pas engageant. La région produit des céréales : grandes fermes et silos à grains. On découvre quelques panneaux routiers inhabituels. Ici les stop s’appellent ARRET et toutes les voies ont un panneau, donc on passe dans l’ordre d’arrivée. Les bus scolaires sont très visibles, tous de la même forme et peints en orange. Quand ils s’arrêtent, tout clignote, ils sortent un panneau stop, et tu n’as pas intérêt à les dépasser ; les enfants peuvent traverser la route en sécurité.
Enfin on arrive aux chutes de la Chaudière. Elles sont aménagées, une partie de l’eau est déviée pour produire de l’électricité. En cette saison elles ne sont pas très fortes. Un vent glacial nous transperce, on a dû sortir les anoraks !
Dimanche 13 septembre : Montréal-Bécancour ; 132kms
Le matin on va faire les courses, Jean-Noël révise l’utilisation du VR, repas rapide, puis on prend la route. Autoroute jusqu’à Trois Rivières, sous une pluie fine. Les freinages sont un peu hasardeux…. Il vaut mieux le savoir !
On traverse le fleuve pour rejoindre Bécancourt où on trouve un parking avec vue sur le St Laurent. Ce village est charmant : maisons bien entretenues et colorées, une église au haut clocher flanquée du presbytère cossu en briques rouges et bordures de toit blanches. Tiens, les commerces sont ouverts : le bar-laitier (on y trouve des glaces, un peu de produits régionaux et des boissons) et l’épicerie arborant le panneau SAQ (ça veut dire qu’ici ils vendent de l’alcool). La pluie ne tombe toujours pas, alors on poursuit jusqu’à la jetée. De là, belle vue sur le Pont Laviolette, très caractéristique avec sa structure métallique en forme de chapeau de gendarme. 
A 17h, on est épuisés. A 18h, on mange, à 20h on dort !
Enfin on arrive à Montréal ; banlieues de petites maisons disposées en damier, le centre avec ses tours, les berges du fleuve avec ses installations portuaires.
A la sortie de l’aéroport, nos amis nous récupèrent, il n’est ici que 16h30 (enfin pour nous 22h30 !). On s’installe dans le « motorisé » comme ils disent. Puis on « jase » avec Michel et Viviane. A 21h on va se coucher. Belle journée !
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Samedi 12 septembre : Argentine-Lyon-Montréal
 
Ce matin, plein d’entrain, nous voici partis dès 8h du matin. Tout est en ordre : les récoltes sont faites, tout est rangé. Direction Siccieu où nous posons la voiture chez Guillaume. A 11h30, nous sommes à l’aéroport. Enregistrement des bagages, contrôle de sécurité, contrôle des passeports, tout s’enchaîne. A 14h05, bien installés juste avant les ailes, nous décollons.
 
Les 2 premières heures de vol sont agréables : on voit Lyon et la confluence du Rhône et de la Saône, les champs, bien jaunis par cet été caniculaire, puis voici déjà la côte bretonne avec ses petits nuages pommelés. Ensuite, c’est long et monotone, plusieurs heures au-dessus de l’Océan : pas une île, pas un bateau. On vole avec Air Transat, on a relativement de la place pour les jambes, et on s’occupe bien de nous : repas, boisson, collation. Ah, enfin voici le Canada, d’abord des zones boisées :Terre Neuve, l’île d’Antiposti, la Gaspésie, puis les champs apparaissent. Même de 12000m d’altitude, on voit la différence : plus vert, mais surtout des surfaces agricoles rectangulaires, ordonnées qui forment un damier.
 
CANADA 
Quebec - New-Brunswick - Nouvelle-Ecosse
Quebec
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